Voix et Images
UQAM  ›  Voix et Images  ›  Accueil
Voix et Images
 

voix image123 «La révolution littéraire des années 1940 au Québec », vol. XLI, n° 2, hiver 2016, sous la direction de Marie-Frédérique Desbiens et Denis Saint-Jacques.

Œuvre en couverture :
Marcel Barbeau, Le Tumulte à la mâchoire
crispée, huile sur toile 1946, 76,8 cm Å~ 89,3 cm. Don de madame Gisèle et de monsieur Gérard Lortie. Collection Musée d’art contemporain de Montréal. D 68 48 P 1
Photo : Richard-Max Tremblay

Autres temps, autres espaces. La révolution littéraire des années 1940 au Québec, MARIE-FRÉDÉRIQUE DESBIENS ET DENIS SAINT-JACQUES
Une littérature sous influence. La guerre et les médias, DENIS SAINT-JACQUES
L’évolution du roman urbain (1934-1945). Du roman bourgeois au roman du peuple, DAVID DÉCARIE
Vers une reconstitution de la vie culturelle des femmes. Montréal dans les années 1940, CHANTAL SAVOIE
Les récits de voyage des années 1940.Vers « l’exceptionnelle occasion d’un réveil », PIERRE RAJOTTE
La révolution du temps au théâtre, LUCIE ROBERT
Saillies et paradoxes : Amérique française et l’ethos du moraliste bouffon, ÉLYSE GUAY et MICHEL LACROIX
Avant Refus global. L’essai personnaliste sur l’art moderne, KARINE CELLARD
Quand Refus global devient « Refus global ». Les conditions de la réception à la fin des années 1940, SOPHIE DUBOIS

Au Québec, l’année 1948, marquée par la parution de Refus global , a longtemps été perçue comme le point d’ancrage de la révolution culturelle et de la modernité. Or, depuis les travaux de François-Marc Gagnon, d’Yvan Lamonde et Esther Trépanier ou de Jacques Michon dans les années 1990-2000, ce constat a été largement relativisé, en ce qui concerne tant le monde des arts et des lettres que celui de l’édition. Dans son ouvrage Chronique du mouvement automatiste québécois, Gagnon montre que « le véritable point de départ du mouvement fut […] l’exposition des gouaches [de Borduas] au Foyer de l’Ermitage, du 25 avril au 2 mai 1942 ». Quant aux directeurs du collectif L’avènement de la modernité culturelle au Québec , ils concluent qu’« émergeant, pour l’essentiel, du débat entre régionalisme et exotisme, au début du vingtième siècle, cette modernité se nomme en pointillé, jusqu’à la crise de 1929, participe ensuite d’un “nouvel ordre” et met un terme à une “quarantaine” culturelle dans la décennie de 1940 ». Dans la même perspective, l’exposition 1940-1948. Les éditeurs québécois et l’effort de guerre, présentée à Bibliothèque et Archives nationales du Québec et dont Michon, spécialiste de l’histoire du livre et de l’imprimé, était le commissaire, reconstituait le «climat d’effervescence et de créativité exceptionnel [dans lequel] les éditeurs s’approprièrent la littérature mondiale et proposèrent à leurs lecteurs une bibliothèque où les nouveautés, québécoises comme françaises, côtoyaient les plus grandes œuvres du répertoire de l’humanité.

[…]
Les articles qui composent ce dossier s’intéressent au changement de paradigme qui se manifeste alors tant dans la production et dans la circulation des œuvres que dans leur réception. Non seulement les auteurs cherchent-ils à cerner les nouveaux rapports de la littérature au temps et à l’espace qui s’établissent durant cette période, mais ils souhaitent également définir les traits communs qui se dégagent des œuvres (urbanité, introspection, ouverture sur le monde, redéfinition des pratiques et des frontières, dimension médiatique, etc.), traces de la brèche qui s’élargit et de la modernité à laquelle accèdent les discours, les formes et les supports qui les diffusent. […] Ce dossier souhaite faire voir la complexité du choc qui provoque l’exceptionnelle ébullition des années 1940 et qui offre, à notre avis, l’occasion de saisir la façon dont le littéraire fait sens dans l’ensemble de la société de l’époque, où à la fois le pôle littéraire, le pôle médiatique, le marché, la critique savante et les institutions acquièrent d’un coup une maturité sans précédent.

ÉTUDE (HORS DOSSIER) :
Une constante de la critique littéraire : l’irréalité de la littérature canadienne-française, VINCENT LAMBERT

CHRONIQUES :
Essais/Études : Sur les presses, JONATHAN LIVERNOIS (à propos de : Jean-Philippe Warren, Honoré Beaugrand. La plume et l’épée (1848-1906); et Jacques Keable, Québec-Presse. Un journal libre et engagé)

Roman : De mort et de folie, CHING SELAO (à propos de : Pierre Samson, L’œil de cuivre; et Lise Tremblay, Chemin Saint-Paul)

Poésie : Le doute d’exister, DENISE BRASSARD (à propos de : Carole David, L’année de ma disparition ; et Joël Pourbaix, Le mal du pays est un art oublié)

Poésie : Poésie impure, poésie/prose, classicisme, ANDRÉ BROCHU (à propos de : Robert Melançon, Pour une poésie impure ; René Lapierre, La carte des feux ; et Claude Paradis, Ouvrir une porte sur dix grandes œuvres de la poésie québécoise du XXe siècle)

Dramaturgie : Y a-t-il un adulte dans la salle?, LUCIE ROBERT (à propos de : Fabien Cloutier, Pour réussir un poulet ; Simon Boudreault, As is (tel quel)  Jean-Philippe Baril Guérard, Tranche-cul ; Annick Lefebvre, J’accuse ; Mathieu Gosselin et Mani Soleymanlou, Ils étaient quatre ; Philippe Boutin, Détruire, nous allons ; et Louis-Dominique Lavigne, L’amour incurable)

À paraître
« Destins de l’héritage catholique », sous la direction de Céline Philippe et Anne Élaine Cliche
« André Belleau essayiste », sous la direction de David Bélanger, Jean-François Chassay et Michel Lacroix

UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : mars 2009