Voix et Images
UQAM  ›  Voix et Images  ›  Accueil
Voix et Images
 

« André Belleau I. Relire l’essayiste », vol. XLII, n° 1, automne 2016, sous la direction de David Bélanger, Jean-François Chassay et Michel Lacroix.

 

voix image123

Avant-propos. André Brochu chroniqueur, ANNE ÉLAINE CLICHE avec la collaboration de CARMÉLIE JACOB
André Belleau : relire l’essayiste, DAVID BÉLANGER, JEAN-FRANÇOIS CHASSAY et MICHEL LACROIX
Qui a peur d’être désuet et quétaine ?, ÉLISE BOISVERT-DUFRESNE
« Un essaim d’idées-mots ». André Belleau et la pensée de l’essai, PASCAL RIENDEAU
Petite philosophie d’André Belleau, FRÉDÉRIC RONDEAU
L’essayiste « fictif ». Autoportrait d’André Belleau en silène à lunettes, JULIEN-BERNARD CHABOT
« Chez nous, c’est la culture qui est obscène », MICHEL BIRON
Le théorique, la politique, Bakhtine et la sociocritique. Relire Belleau, PIERRE POPOVIC
Les « cahiers de lecture » (1963-1986). André Belleau inédit, BENOÎT MELANÇON

Œuvre en couverture :
Peter Hoffer, Dante, argile, pigments et résine époxy sur toile de lin, 2015, 122 cm x 122 cm.
Nous remercions chaleureusement l’artiste de nous avoir permis d’utiliser son œuvre à titre gracieux.

Extrait de la présentation :

« Du conflit des codes au cœur de l’écriture québécoise, conflit entre le code littéraire français et le code socioculturel québécois, à la difficile légitimité de l’essai, en passant par le romancier fictif et les travers de la société québécoise —notamment son anti-intellectualisme —, André Belleau a ouvert nombre de chantiers. Ces quatre chantiers, auxquels ne se réduit pas son œuvre, tant s’en faut, lui donnent sa cohérence et se caractérisent par une poétique de la reprise qu’il convient de souligner : Belleau pense toujours dans la dualité, opposant la nature à la culture, la culture populaire à la culture sérieuse, le code littéraire au code social, l’idéologie populaire au système de pensée intellectuel. Déjà il écrivait dans son Romancier fictif que ce “modèle duel […] appelle des considérations de nature quasi anthropologique sur le statut de la culture, sur le conflit latent nature-culture au Québec et en Amérique du Nord.” Ces considérations anthropologiques, centrales dans la pensée de Belleau, ne seront nulle part plus manifestes que dans l’autre grand chantier de l’essayiste, hérité directement de Mikhaël Bakhtine : le carnavalesque. Parce qu’il offre une contrepartie à l’anti-intellectualisme sévissant dans la société québécoise, le roman serait habité d’une force carnavalesque : la culture sérieuse s’y verrait rabaissée par la culture populaire, dès lors discursivement dominante. […]Tous ces chantiers ont été repris, rediscutés, réinvestis après la mort précoce de l’essayiste, parfois pour être dépliés par les nouveaux critiques — Le romancier fictif est une œuvre de référence sur la question de la métafiction, au Québec —, parfois quelque peu délaissés dans les études littéraires contemporaines : ainsi, les travaux sur le conflit de codes et le carnavalesque ont connu des fortunes diverses à travers les années. Mais ce n’est pas tant en fonction du destin des concepts d’André Belleau qu’est apparue la nécessité d’un double dossier sur son œuvre. C’est plutôt parce que les écrits de Belleau n’ont jamais été considérés en tant qu’œuvre qu’il fallait y venir. Il semble qu’en publiant ses articles savants dans la revue de critique et de création Liberté, et en publiant ses essais libres dans la revue universitaire Études françaises, Belleau ait voulu entretenir l’ambiguïté sur le statut de ses différentes productions. Il fallait deux volumes pour rassembler les relectures de l’œuvre de Belleau. Ce premier volume porte plus précisément sur l’écriture de l’essayiste, sur sa manière d’investir ses chantiers de réflexion par la forme de l’essai. Il s’agit de voir comment ses énoncés de savoir se collent à une subjectivité, à une manière, à un style.
[…]
Belleau, malgré ses désirs carnavalesques, reste une sorte d’universitaire qui écrivit de l’essai. “Les écrivains québécois sont-ils des intellectuels ?” demandait Belleau dans son texte éponyme. On connaît la réponse : “Oui, mais l’idéologie de leur société leur défend de l’avouer.” Tout le problème serait peut-être qu’André Belleau s’avoua toujours intellectuel, et ne put jamais vraiment, jamais totalement, être un écrivain. Il en va de même du statut de l’essai dans notre société. Espérons que ce numéro participe à corriger cette situation. »

ÉTUDE (HORS DOSSIER) :
Papineau, « celui qui n’écrit pas ». L’inscription de l’homme politique dans l’histoire littéraire québécoise, JONATHAN LIVERNOIS

CHRONIQUES :
Essais/Études : Tout plein d’effets de réel, JONATHAN LIVERNOIS (à propos de : Charlotte Biron, Mavis Gallant et Gabrielle Roy, journalistes; et Mathieu Arsenault, Le guide des bars et pubs de Saguenay)

Roman : La fin du monde, la fin d’un monde, CHING SELAO (à propos de : Catherine Mavrikakis, Oscar de Profundis; et Larry Tremblay, L’impureté)

Poésie : Le cercle de l’absence, DENISE BRASSARD (à propos de : Fernand Ouellette, Avancées vers l’invisible ; et Paul Bélanger, Des amours)

Poésie : Un mot de la fin, ANDRÉ BROCHU (à propos de : Pierre Nepveu, La dureté des matières et de l’eau ; Nicole Brossard, Temps qui installe les miroirs ; Louise Bouchard, Personne et le Soleil ; et Pierre DesRuisseaux, Embellie, suivi de Sang froid)

À paraître
« André Belleau II. Le texte multiple  », sous la direction de David Bélanger, Jean-François Chassay et Michel Lacroix.
« Les genres médiatiques », sous la direction de Micheline Cambron et de Mylène Bédard

UQAM - Université du Québec à Montréal  ›  Mise à jour : mars 2009